La flammèche jette sa fragile lumière aux azimuts, repoussant de
quelques pas l'obscurité. Jugée sur le bureau de bois sombre, elle
révèle des étagères encombrée d'un capharnaüm fantastique. Des livres
au couvertures illisibles forment comme un rempart aux dorures passées.
Emplis d'ombres inquiétantes, quelques bocaux trônant ça et là rompent
cet alignement de savoir. Sur les derniers niveaux, des objets cuivre
boursouflés laisse pendrent leur langues infernales de l'étagère.
Derrière le bureau, la petite flamme de la bougie ce mire de multiples
fois dans les carreaux de la fenêtre à double battant. De temps en
temps le vent hurle dans un conduit, écrasant contre le battant de la
fenêtre les larmes de sa colère. Quelque courant d'air, ce jouant de la
flamme, anime les ombres de la pièce d'une soudaine gigue au formes
étranges.
Des pas s'approchent, guidés par le petit phare fidèle. Sortant
enfin des ténèbres, un homme grand et sage s'installe en seigneur. Il
sort papier et encrier. La quiétude de la pièce ce trouble du
grattement empressé de la plume. C'est une rumeur de fatalité ne
pouvant souffrir de retard que ces mots figés dans l'encre. Le temps,
inexorable, s'engrène alors que la minuit sonne son glas. D'autres
clochés, émergeants de la forêt de toit pentus, reprennent les coups
funestes. Sur un toit voisin, des gargouilles aux gueules ruisselantes
d'eau scrutent, l'oeil à jamais figé, le dos courbé du sage et le balai
fébrile de sa longue plume. Petit à petit, la lumière bat en retraite
face aux ténèbres de plus en plus en pressantes. Elle concentre sa
lueur sur l'ouvrage du vielle homme aux traits tirés. Seule témoin, la
flamme lasse voit la plume ce faire moins alerte, saccadée et
hésitante.
Dehors, le vent hurle et s'immisce dans les conduits, singeant
quelques Banshee. Une rumeur d'eau emplit les pentes de la colline
alors que de petit ruisseaux lavent le pavé. Ils emportent les
immondices vers des lieux où la plèbe en grand nombre s'entasse. La
demeure, assiégée par la pluie, fend de ces murs les élément qui en de
petites cascades dévalent ses murs de pierre.
La veillée prend fin pour la petite lumière à l'agonie. Les traits
de l'homme sont creusés, sa main tremble de plus en plus. La plume
tombe au sol. Dans les dernières lueurs de la flammèche moribonde, les
yeux jaunit par une mortelle essence, le sage empoigne les feuilles et
les offres au ténèbres qui broient sa vie. Le reflet de la flamme dans
ses yeux s'éteint. Il ne reste qu'un rougeoiement flottant dans l'air
qui s'emplit d'une sapience d'encense endeuillée. Les ténèbres célèbres
leur victoire avec les éléments complices. Les gargouilles ricanent en
voisines de pierre et de mousse, silencieuses.
L'une d'elles, aux griffes d'aciers et aux muscles de chairs, ce
détend d'un souple mouvement. Elle s'envole vers la façade dont la
lumière c'est tue. Le choque est brutal, une pluie d'étincelles jaillit
de ces serres blessant le mur de milles éclats de pierre. Dans un
dernier crissement, la silhouette s'immobilise, ne faisant qu'un avec
le mur. L'eau ruisselle sur un corps robuste protégé de cuir. En
quelques mouvement arachnéens, elle arrive à la hauteur de la fenêtre,
puis, accroupie sur le rebord, un griffe plantée dans la pierre, elles
extirpe d'une main sûre des multiples renflement de son vêtement un
sésame qui, apprêt avoir découpé un carreau dans une plainte geignarde,
lui ouvre les battant de la fenêtre. L'ombre intruse ce glisse à
l'intérieur et en referme les battants violés. Un bruissement, puis les
ténèbres sont percées par une maigre lueur émanant d'une petite lampe
borgne. Le rayon ce promène sur les traits du défunt puis sur
l'offrande de celui-ci. La lumière est déposée sur le bureau encombré.
Les doigts, rendus rigides trop tôt, son impitoyablement ouvert et
délivré du trésor qu'ils froissent. Les précieux feuillets rejoignent
un tube qui disparaît dans un plis des vêtements, lacés de près par des
sangles.
Soudain, la lampe vole à travers la pièce, empalée par un carreau
alors qu'un bris de verre ce fait entendre. Un bruit sourd dans la rue
rompt la musique des éléments. Les battants de la porte battent,
inutiles gardiens, contre le mur de l'entrée. Des pas retentissent dans
la demeure. Il est temps de partir.
Les mouches, scène 1
Par Chimel, jeudi 29 janvier 2004 à 18:42 :: Nouvelles :: #47 :: rss
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