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dimanche 28 mars 2004

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Simon - Episode 1

Brume

(à la manière psyco-épouvante)

 
De loin en loin, cônes de lumière blafarde, des réverbère marques le tracé de la rue. Passé ces zones de lumières, tout n'est que formes à peines esquissées, se perdant dans la blancheur humide du brouillard. Chaque son se répercute sur quelques surfaces invisibles, emplissant l'espace d'échos. Des milliers gouttelettes dessinent des guirlandes féeriques sur chaque fils, arrêtes ou rambardes métalliques. On entend l'égouttement de celles-ci frappant le macadam.

C'est par une de ces soirées d'un automne tirant à sa fin que Simon rencontre pour la première fois le Chien. Il est assit sur son postérieur le museau levé. Ses yeux fixent un point situé quelques par dans les tourbillons de brume. Cette forme apparaissant, immobile, fait courir le long de l'échine du promeneur un petit frisson de peur.

Il connaît bien ce quartier, en arpenteur urbain aguerrit. Mais lorsque les voiles du brouillard enveloppent toutes choses, celui-ci acquière une dimension nouvelle. Par ce temps, l'esprit de Simon aime à vagabonder, imaginer toutes sortes de phantasmes sur ce qui pourrait sortir des volutes l'entourant. Les maisons font des bonds dans les âges et deviennent les propriétés de riches spirites Victorien ce réunissant dans le secret pour ouvrir quelques boîtes de Pandore. Un passant devient une silhouette inquiétante, cachant sous son manteau des marchandises douteuses qu'il ne manquera pas de lui proposer. Ou peut être les reliques d'un crimes sordide perpétré quelques rues plus loin. Le bruit du vent se transforme en  murmures issus de spectres se fondants dans la brume. Simon, lui, deviens un explorateur dans ce monde fantasmatique. Il longe de près les murs des bâtiments, les pans de son manteau serrés autour de lui et les mains dans les poches. Il sent qu'ici, maintenant, tout peut arriver, au prochain pas, tournant, feu de circulation.

Simon s'arrête à quelques pas de l'animal. Celui-ci semble mâcher quelque chose, fait toutes sortes de contractions, bâillements avec sa gueule aux crocs jaunis. Le temps semble s'enliser dans une mélasse aussi épaisse que le brouillard environnant alors que germe une pensée  dans l'esprit de l'explorateur : Ce chien ne mâche pas, il essaye d'articuler quelque chose.

Alors, Simon n'est plus face à un simple canidé, mais une créature à l'histoire étrange, sortie des pages jaunies de certains livre conservés dans les Enfers de quelques illustres bibliothèques. Son coeur s'accélère alors que l'adrénaline s'engouffre en rugissant dans ses veines. La brume se fait plus dense, les ombres s'amassent autour de la scène. Les yeux de l'animal fixent avec obstination le mur blanc, tel un linceul recouvrant un corps. Sa gueule, elle, continue son étrange balai, comme si elle ne lui appartenait plus. Un gémissement monte de la scène, quelque chose de primitif, poussé par la gorge d'une bête sujet à une terreur plus que millénaire. C'est de la peur à l'état brut qui jaillit des lèvres de l'homme alors que le sol se met à tanguer dangereusement sous ses jambes de coton. A ce moment, le chien tourne la tête vers Simon et rive son regard dans le sien.  

 

Il cour.

Un tournant à gauche, fait quelques mètres dans une mer de brume, puis s'encouble à un trottoir et ce rattrape à un réverbère. Il jette un coups d'oeil derrière lui, haletant. Chaque muscles de son visage, tendus, pétrifié, forment un masque dément, couleur de craie. Tout n'est que volutes paresseux, blancs, livides, cachant un enfer prêt à se révéler. Simon reprend sa course folle, à l'aveuglette, dans les rues désertes. Il est poursuivit par ce regard emplit d'humanité et de ce qu'il y a lut. Au secours, aidez moi, Le bruit de ses pas rythmes ces quelques mots alors que le faciès de l'animal semble rester incrusté à la limite de son champs de vision. Lui aussi à envie de hurler sa peur, mais ses poumons en feu n'exhalent qu'un faible chuintement. Sa course folle le mène dans une ruelle qui se termine en une cascade de couleurs. Simon ce tiens au milieu d'un vaste boulevard brillamment éclairé.  Dans les vitrines, c'est déjà Noël. Les guirlandes lumineuses font concurrences aux enseignes clignotantes alors que sapins surchargés et neige artificielle encombre l'espace à le rendre étouffant. Une foule de promeneurs stressés par le rituel des cadeaux le dépasse, indifférant. À quelques pas, l'armée du salut écorche quelque chant bien pensant. Des meutes de gamins entraînées par des parents excédés pépillent joyeusement d'improbable liste de présents pour l'illustre Père Noël. A bout de souffle, le coureur se sort du flot bigarré et s'appuie contre un mur épargné par la folie commerciale. Son souffle ce fait plus régulier, le marteau cognant dans sa poitrine s'apaise petit à petit alors que la normalité retrouvée endigue petit à petit la panique malmenant son esprit. La brume diffuse le foisonnement lumineux, de joli halos colorés ce réfléchissent dans les flaques et sur les vitres des grands magasins.

 

Un tiraillement insistant sur un pant de son manteau fait ce retourner Simon. Il ce retrouve les yeux rivés à ceux, suppliants, du Chien. Non, pas un chien, une fille, la quinzaine, maigre comme clou, un ensemble de pull dépareillés passé les uns sur les autres, un jeans délavé passé sous une jupe de simili-cuir à motif rouge style toile d'araignée. Une paire de dock et des cheveux décolorés lui faisant gagner une vingtaine de centimètres complètent le tableau. Son visage est marqué par la toxicomanie. Ignorant le regard emprunt de terreur pure qui lui est retourné, elle croasse : - Aidez moi, j'vous en supplie. Lui ne répond pas. Tous les sons lui paraissent étrangement déformés alors que son regard se porte au delà de la fille. Plus loin un homme dépenaillé essaie de vendre un journal pour sans abris aux badauds indifférent. Leurs regards se croisent et les épaules de Simon s'affaissent. En lui quelque chose à cédé, une brèche c'est ouverte, par laquelle, comme un torrent, une révélation emporte tout. Ces gens, ce chien, le même regard,  même désespoir, comme une sorte d'abjecte dénominateur commun. Une même chose semble les animer, ou l'absence de celle-ci. Car ce n'est plus la vie qui l'anime, plus l'espoir. Non, ces yeux, puit sans fond de douleur, sont déjà mort. L'âme n'est plus qu'une étincelle et le corps ce contente de fonctionner, sans désirs propres à part celui de continuer, encore.

 

Alors, Simon prend une décision, il reprend son chemin, les yeux fixé sur son reflet déformé par le macadam, les mains dans les poches. Il s'imagine, se projette dans maints lieux étranges. Il vit par procuration moult aventures haletantes dont il est le héros. Derrière lui la fille aborde un autre passant pour un peut de monnaie. La brume a perdu ses mystères, lui révélant une réalité un peut plus sordide que certains romans ¨Noir¨. Les zombies sont une réalité, à leurs manière les vampires aussi. Comme si l'inconscient de l'humanité passé au prisme du réel avait su prendre corps, déformant l'individu en un avatar impossible et pourtant vivant. Lui, la tête encore pleine d'image rêvées et vécue, s'arrête et contemple la cathédrale. Bâtie par des fou ou des visionnaire, des être qui, comme lui, ont eus les yeux tourné en eux. Pourtant, se dit-il, l'horreur et la féerie sont là, bien tangible. Si proche que la voire, c'était perdre la possibilité de se projeter, de croire en la perfection. Non, mieux vaut nier un fantastique quotidien et ce le réapproprier. Il devient alors des arches aérien en forme de songes, des flèches et des clochés imaginaire défiant la condition de mortel. Ces réflexions l'apaise, il ce sent comme libéré. Il a l'impression d'avoir échappé à quelque danger diffus, dont la teneur exacte lui échappe.

Contournant tranquillement l'édifice, le nez pointé vers le brouillard, il contemple les sains béats et les gargouilles grimaçantes. Visages étrange et pourtant familiers . L'écho de ces pas ce répercute le long des rues tortueuse de la vielle ville. Il tourne un angle, gravit une volée de marche et pousse la porte du Chardon. La salle est déjà bien remplie, des accords couleur d'Irlande réchauffent l'atmosphère. Simon ce choisit une table dans un angle, commande un Irish Coffee, s'installe confortablement, sort un livre de sa poche, et, ignorant clientèle, se plonge dans celui-ci avec avidité.

Un long moment plus tard, sa tasse froide posée devant lui, Simon relève les yeux de son ouvrage et tombe sur ceux, pétillant de malices, du Chien assis sur la chaise en face de lui.

 

Fin de l'épisode.

 

 

 

 

LES BONUS
 

Simon, un personnage en quelques citations :

-         L'aventurier et une personne qui à l'instar de la majorité à accepté de voir la folie qui nous entoure.

-         Les héros ont fuit comme tout le monde mais dans le mauvais sens.

-         L'aventure tombe sur personne. C'est l'aventurier qui ce rends compte de son existence.

-         Réagir à une situation fait de vous, dans tout les cas, un héros.

-         Etre conscient de ces quelques phrase ne changera rien. Une fois que la porte est ouverte, elle vous aspire ou vous vous précipitez dedans, cela dépend de votre mauvaise foi.

-         Tendre la mains et saisir l'aventure, c'est être soit particulièrement désespéré soit idiot. N'attendez aucune clémence de quelque chose au féminin.

-         C'est lorsque l'on veut à tout prix ne pas ce mêler de certaines choses, qu'immanquablement ont y joue le rôle principal.

-         La parapsychologie est très claire : Si on invoque n'importe quel phantasme à tout bout de champs, les chances pour qu'il ce réalise en sont dangereusement augmentée.

-         L'abus de rêvasserie peut être nocif pour notre perception de la réalité. On risque de ce rendre compte que celle-ci est bien pire. 

 

Le Chien

Véritable percuteur narratif, il est l'élément véritablement perturbateur et fantastique. C'est par son regard le personnage principal est confronté à une réalité désaxée par rapport à celle qu'il imaginait. En effet, tout comme un aimant, l'animal ramène Simon de ces rêveries à une situation réel et pourtant impossible. Incitant par la même le réveil, et la découverte de l'épouvante quotidienne. Le rôle du Chien sera aussi de provoquer l'invraisemblable, il est nanti d'un pouvoir unique. Celui de montrer en quoi la réalité est folle et aussi pourquoi il est sain d'avoir les yeux soigneusement bandé et une bonne capacité de refoulement.

lundi 1 mars 2004

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Suivant les bons conseils du Grand Gourou, voici un choix de Kitty pour Doris. 


Et voici la deuxième série!


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