Musique du récit

Les enfants qui jouent au milieu des décombres parlent parfois en riant du Roi Poussière.

Ce vieil homme bossu à la barbe si poussiéreuse leur amène parfois de quoi manger, mais certaines nuits, ils sont réveillés avec des cris atroces venant de la zone ou il séjourne.

Les adultes, eux ne rigolent pas du tout. Mis à part la méfiance qu’il inspire aux parents, cet occidental fou habite en plein milieu d’une zone tampon entre troupes loyalistes et rebelles cherche sans doute à se faire tuer. Qu’il ait été épargné par les commandos de la mort noire est pour certains un miracle du très haut, pour d’autres, du très bas…

Certains murmurent même que ce serait une sorte d’indic des commandos. Leur donnant les indications avant ces frappes si brutales et violentes qui vident les casernes des soldats loyalistes en une nuit.

Sans se douter ni se soucier des surnoms que l’on lui donne, Jonathan continue son œuvre de purification entamé voici quelques mois. Justicier ou Boucher ? A vrai dire la tête lui tourne dès qu’il se penche sur la question alors il n’essaye même plus.

Vêtu d’une grande cape qui cache les 2 grandes ailes noires qui trônent désormais au milieu de son dos, il sort la nuit pour massacrer les soldats et les rebelles qui ont, durant la journée, commis des exactions sur les civils du camp adverse. Les massacres prennent une telle ampleur que la population locale impute à un commando entier ce qui n'est que le fait de Jonathan.

Sa silhouette de bossu et sa démarche boiteuse n’attirent pas trop l’attention pour l’instant.

Cette nuit-là pourtant, Jonathan tremble. Il s’est réveillé au beau milieu de la nuit dans son hôtel abandonné, couvert de sang poisseux, les vêtements imbibés et trempé jusqu’à l’os. A qui appartient-il ?il n’en sait rien. Il ne se souvient de rien qui a pu se produire cette nuit.

Sa vision est brouillée, mais en même temps riche de détails incroyables. Tremblant comme une feuille, il porte sa main à son front pour sentir le 3ième oeil. Celui ci est grand ouvert mais ce n'est pas le plus inquiétant : il n'est plus seul. Désormais une deuxième paire d'yeux trone au milieu du front de Jonathan. Il est temps de reprendre le controle de lui même avant qu'il ne soit trop tard...